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Christophe Bier.







dimanche 12 décembre 2010

Paris porno : l’art du stock-shot chez Eurociné


Le Docteur Orlof a profité d’un commentaire pour m’interpeler sur un sujet qui m’est cher depuis très longtemps : Eurociné, cette fabuleuse maison de production, si longtemps sise au 33 Champs-Elysées, orfèvre en matière de cinéma bis européen et très largement représentée dans le Dictionnaire grâce aux nombreux films érotiques qu’elle a produits. Avec Laurent Aknin et Lucas Balbo, j’avais rédigé un gros fanzine de plus de 200 pages que j’avais édité en 1999 : Cinéma culte européen, volume 1 Eurociné. Tiré à 400 exemplaires, le fanzine avait été épuisé en moins d’un an. Il avait connu deux tirages, avec deux couvertures différentes, l’une plutôt épouvante (Howard Vernon en Dr. Orlof), l’autre, conçue par Merril Aldigherri, plutôt érotique (retravaillant l’affiche de Pigalle, carrefour des illusions). Il comportait des entretiens exclusifs avec Jess Franco, Alain Payet, Jean Rollin, Patrice Rhomm, Pierre Chevalier, Monica Swinn, Jean-Pierre Bouyxou, Olivier Mathot, Michel Charrel, Françoise Blanchard et Claude Valmont. Beau générique, non ? Et des études et la première filmographie établie à l’époque. Cela avait été imprimé professionnellement, en dos collé carré, format A4 et je peux vous dire que ça avait de tenue ! Vendu 160 FF avec un n° d’ISBN, mazette ! Cela nous avait valu les honneurs de la presse et il n’est pas rare qu’on me le réclame encore. Pour l’anecdote, et avec une pointe de vanité, je vous signale que très récemment sur Ebay.fr un exemplaire du premier tirage (avec, je l’espère, le supplément prévu, Eurociné Blues) est parti à 173,60 euros… Il faudrait certainement le rééditer un jour, en livre, chez Serious Publishing.
Ainsi donc, le docteur Orlof n’organise plus d’orgies et ne fréquente plus l’homme invisible, mais il anime un passionnant blog : Le Journal cinéma du dr Orlof. Le mardi 7 décembre, il y a posté un long développement sur Eurociné en étudiant 4 cas : Nathalie l’amour s’éveille, Pigalle carrefour des illusions, Avortement clandestin et Paris porno. Concernant ce dernier, le docteur Orlof me demande d’apporter quelques précisions sur les stock-shots utilisés. Pour y répondre, j’ai désormais un réflexe qui sera dans quelques mois le vôtre, chers futurs souscripteurs et très chères futures souscriptrices, je consulte le Dictionnaire. Paris porno est le 1243e film recensé, coincé entre un Paris la nuit de 1924, lointain ancêtre des films de cabarets, et Paris secret, un mondo sur lequel avait travaillé Jean Louis Van Belle et qui l’aida à préparer son incroyable Paris interdit. Ainsi donc, on découvre dans la notule critique de Paris porno que les stock-shots proviennent de : Une vierge pour Saint-Tropez (scène de partouze), Femme mariée cherche jeune homme seul (Olivier Mathot chevauchant comme une jument Alice Arno), deux produits Eurociné et aussi de larges extraits des Baiseuses comme le soupçonnait le docteur Orlof. En notes, nous expliquons que certaines scènes furent tournées par Marius Lesoeur, le fondateur d’Eurociné, dans sa propriété de campagne, simultanément pour ce film et Surboums pornos. Les acteurs changeaient de costumes, le décor se modifiait au gré des scènes. Enfin, allez je vous livre l’info pour vous montrer jusqu’à quels détails d’érudition le Dictionnaire peut parfois aller : pour les séquences hard avec Marlène Myller, Pierre Taylou fut doublé par Alain Plumey.
En cadeau spécial pour le docteur Orlof, trois photos du film. Dans la première, on reconnaît, cravaté et attentif, Jean-Pierre Bouyxou, dans les deux autres les pitreries de Daniel Darnault, accompagné de Marlène Myller. Le moustachu, c’est Pierre Taylou. La serveuse topless c’est Monica Swinn.

7 commentaires:

  1. Bonjour, j'avoue moi-même avoir été surpris du prix atteint, même si je considère qu'il s'agit là bien de l'ouvrage de référence sur Eurociné.

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  2. Merci Mr Bier (et au Dr Orlof) pour ces précisions ! Concernant votre ouvrage épuisé sur Eurociné, je rève déja de souscrire à une réimpression....

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  3. Bigrement intéressant tout ça !

    A propos d'Eurociné, je me suis laissé entendre dire que Pierre Chevalier face à la radinerie légendaire du taulier, finançait lui-même ses films produit par la firme(?)

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  4. Cher David,

    Seriez-vous donc l'heureux vendeur de ce "collector"? Cette année, au salon des collectionneur de cinéma à argenteuil, en septembre, un marchand l'avait déjà vendu 180 euros. Interpellé dans les allées, avec quelques photos d'exploitation érotiques en main et autres curiosités achetées, j'avais dédicacé l'exemplaire à l'acheteur, visiblement comblé par sa dépense. 400 ex. pour un fanzine, c'est beaucoup, mais la quasi totalité des acheteurs à l'époque ne sont peut-être guère disposés à s'en séparer. Ce qui peut expliquer son prix en forte hausse!

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  5. Effectivement, j'ai vendu cet exemplaire que j'avais (ça a son importance) en double. En effet, je ne saurai me séparer de l'autre tant l'ouvrage est précieux (et je le dis sans flatterie) et reste LA référence Eurociné comme je l'ai dit, tout comme le furent "Les Nains au Cinéma" et les quelques documents télévisés (W.C.Hartwig, Ce Nain que je ne saurais voir, Gourguet et autres Emilfork). D'ailleurs, vous qui aviez vu l'annonce, vous aurez pu apprécier la petite mention qui y était faite quant à votre futur "Dictionnaire... A ce titre, certains contacts m'ont dit l'avoir appris à cette occasion et avertis d'une future souscription...

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  6. Un grand merci pour ces passionnantes précisions. Je rêve également de trouver un jour ce "collector" sur Eurociné et j'espère que les éditions "serious publishing" auront l'occasion de nous le proposer (je suis prêt à souscrire également).
    J'en profite également pour remercier à nouveau gil.cret qui a eu la gentillesse de me faire des copies de ces quatre pépites.

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  7. Que ce blog puisse permettre des échanges entre collectionneurs, voilà qui me ravit. Merci à David, dont les compliments me font rougir, d'avoir en effet fait une pub pour le Dico dans son annonce Ebay. Cela ne m'avait pas échappé.
    Un livre sur Eurociné donc. Pourquoi pas, à partir des jalons posés par le fanzine, car une réédition à l'identique serait trop simple.

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